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Ma vision de Rameau

 

Quand on joue Rameau sur un piano, on prend le risque d’être immédiatement taxé de romantique. Mais il faut comprendre que le sentiment romantique tel que nous l’entendons actuellement relève du cliché. À mes yeux, n’importe quel grand musicien est romantique si l’on estime que cette caractéristique est non pas une étiquette artificielle vide de sens, mais bien plutôt un état particulier habitant le cœur du compositeur ou de l’interprète. Cet état peut se retrouver aussi bien dans Bach ou Rameau que Schönberg ou Webern.

Parlant de Bach et de L’Art de la Fugue, Glen Gould affirmait que cette musique était tellement au-dessus de notre monde qu’elle ne pouvait être jouée sur aucun instrument. Si l’on entreprend de jouer Rameau sur un piano, il est absolument nécessaire d’en utiliser toutes les ressources, afin de trouver des couleurs nouvelles. Sinon à quoi bon ? On ne peut pas traiter le clavecin comme un piano et, à l’inverse, le piano comme le clavecin, car il s’agit de deux techniques de jeu totalement différentes.

Il y a bien sûr la question du style et de la liberté dans le style, qu’on ne peut manquer d’évoquer ici. Pour qu’un interprète puisse obéir aux règles du style, il lui faut une connaissance très profonde de la vie du compositeur, mais aussi de l’époque dans tous ses aspects : sa littérature, ses peintures, etc. Le style de Rameau est empli de passion et, j’en suis persuadé, d’un sentiment religieux très profond qui est aussi celui de Racine ou Pascal. 

Loin de moi l’idée d’affirmer qu’il ne faut pas respecter scrupuleusement ce qu’a écrit le compositeur, mais il me semble évident qu’il faut parvenir à comprendre ce qui est exprimé au-delà de l'écriture. 

Je voudrais exprimer ma gratitude envers Patrick Florentin, le Président de l’Association Rameau, qui m’a fait découvrir les si belles pièces transcites par Louis Diémer. Je joue dans ce disque quatre transcriptions magnifiques d’extraits des Boréades. Diémer fait appel au tableau des ornements de Rameau d’une manière très libre caractéristique du XIXe siècle – j’irai même jusqu’à dire que cette musique nous plonge dans l’esthétique Belle Époque. Ses transcriptions sont faites d’une façon magistrale et révèlent une telle compréhension du piano qu’elles méritent absolument d’être jouées. 

À mes yeux, Rameau s’impose comme le plus grand compositeur français. Comme tout génie, il possède une infinité de visages et reste encore de nos jours éminemment mystérieux, dans l’esprit de Port-Royal. Cette intégrale achevée, je continuerai très certainement d’explorer les secrets innombrables de sa musique.

 

Alexander Paley

 

Rameau par Alexander Paley

1er Livre, Suite en la ; Pièces en concert ; Pièces des Boréades

LMU021

Alexander Paley, piano

 

Alexander Paley est largement reconnu, tant par le public que la presse spécialisée, pour son répertoire exceptionnellement large, en concerto comme en récital, et pour des prouesses techniques toujours au service de la profondeur d’interprétations uniques et personnelles.

Né à Chisinau, en Moldavie, il commence l’étude du piano dès l’âge de six ans, donnant son premier récital à l’âge de treize ans, remportant le Concours National de Musique de Moldavie à seize ans. Il se forme au Conservatoire de Moscou auprès d’illustres professeurs tels que Bella Davidovitch et Vera Gornostayeva, et remporte rapidement des prix prestigieux : Premier Prix aux Concours Bach de Leipzig, Prix Bösendorfer, Grand Prix du Concours Vladigerov en Bulgarie, Grand Prix Debut Young Artist de New York, Prix de la Fondation Alex de Vries en Belgique, Prix aux Victoires de la musique classique en France, etc.

Sa personnalité musicale indiscutable attire immédiatement l’attention des orchestres, salles et festivals des quatre coins du monde, du Théâtre des Champs-Élysées à Paris au Carnegie Hall de New York, en passant par le Concertgebouw d’Amsterdam, le Kennedy Center de Washington ou le Festival d’Aspen aux États-Unis. Signe de l’admiration unanime qu’on lui prodigue, il est invité en concerto par des orchestres glorieux : Alexander Paley a ainsi joué avec presque tous les orchestres américains (à la tête desquels on peut mentionner le Los Angeles Philharmonic, le New York Philharmonic) et pratiquement tous les orchestres français – tels que l’Orchestre National de France, le Philharmonique de Radio France, l’Orchestre de chambre de Paris, le Philharmonique de Strasbourg ou l’Orchestre National de Montpellier –, sans oublier l’Orchestre Symphonique de Montréal, pour n’en citer que quelques-uns.

De ce fait, la liste de ses partenaires tout aussi impressionnante, avec une cohorte de chefs fameux (Myung-Whun Chung, Ivan Fischer ou Leonard Slatkin en tête) et d’instrumentistes de première force (les virtuoses russes notamment, tels que le regretté
Mstislav Rostropovitch, le violoncelliste Alexander Dmitriev ou les violonistes Vladimir Spivakov et Dorota Anderszewska).

Alexander Paley vit entre New York (il s’installe aux États-Unis en 1988) et Paris, ses deux villes d’adoption. Il est le directeur artistique du Festival du Moulin d’Andé en Normandie et du Paley Music Festival à Richmond (état de Virginie, États-Unis).

ACHETER

Alexander Paley, piano

Pistes

 

1.Suite en La - Prélude
2.Suite en La - Allemande 1
3.Suite en La - Allemande 2
4.Suite en La - Courante
5.Suite en La - Gigue
6.Suite en La - Sarabande 1
7.Suite en La - Sarabande 2
8.Suite en La - Vénitienne
9.Suite en La - Gavotte
10.Suite en La - Menuet
11.Pièces en concert - La Livri
12.Pièces en concert - L'Agaçante
13.Pièces en concert - La Timide
14.Pièces en concert - L'Indiscrète
15.4 pièces des Boréades - Gavotte pour les heures
16.4 pièces des Boréades - Air pour Orithie
17.4 pièces des Boréades - 2 petites gavottes vives
18.4 pièces des Boréades - Air très gay

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